Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 11:17


Man Ray Etoile de mer (A partir d’un poème de Robert Desnos)
1928 / France / 17 min. 30 sec / 16 mm / N & B.
Avec Robert Desnos, André de la Rivière et Kiki de Montparnasse. Musique : Josephine Baker,Consuelo Moreno, The Woman with Spanish Combs, Sakellariou Yianides.
Le scénario d’Etoile de Mer s’inspire de la lecture à haute voix d’un poème de Robert Desnos.


Synopsis : Histoire d’une petite blanchisseuse métisse qui accepte un engagement aux Folies-Bergère pour sauver son demi-frère d’un mauvais pas et qui devient la vedette du spectacle… «Zouzou» est le premier film parlant et chantant de Joséphine Baker, qui n’en tournera par la suite que deux autres. C’est son imprésario et compagnon de l’époque, l’Italien Pepito Abatino, qui conçut, sur mesure pour elle, le scénario. La vedette masculine du film, Jean Gabin, entamait ici une carrière de plus grande ampleur. Joséphine Baker, pour sa part, interprète «C’est lui», de Georges Van Parys, et (dans le plus simple appareil, perchée comme un oiseau dans une cage) «Haïti», de Vincent Scotto.


Étoile de mer: Man Ray filmant Robert DesnosÉtoile de mer: Man Ray filmant Robert Desnos
Je possède une étoile de mer (issue de quel océan?) achetée chez un brocanteur juif de la rue des Rosiers et qui est l'incarnation même d'un amour perdu, bien perdu et dont, sans elle, je n'aurais peut-être pas gardé le souvenir émouvant. C'est sous son influence que j'écrivis, sous la forme propice aux apparitions et aux fantômes d'un scénario, ce que Man Ray et moi reconnûmes comme un poème simple comme l'amour, simple comme le bonjour, simple et terrible comme l'adieu. Man Ray seul pouvait concevoir les spectres qui, surgissant du papier et de la pellicule, devaient incarner, sous les traits de mon cher André de la Rivière et de l'émouvante Kiki, l'action spontanée et tragique d'une aventure née dans la réalité et poursuivie dans le rêve. Je confiai le manuscrit à Man et partis en voyage. Au retour, le film était terminé. Grâce aux opérations ténébreuses par quoi il a constitué une alchimie des apparences, à la faveur d'inventions qui doivent moins à la science qu'à l'inspiration, Man Ray avait construit un domaine qui n'appartenait plus à moi et pas tout à fait à lui...

Qu'on n'attende pas une savante exégèse des intentions du metteur en scène. Il ne s'agit pas de cela. Il s'agit du fait précis que Man Ray, triomphant délibérément de la technique, m'offrit de moi-même et de mes rêves la plus flatteuse et la plus émouvante image.
Robert Desnos










 


Qu'elle est belle

Après tout

Si les fleurs étaient en verre

Belle, belle comme une fleur en verre

Belle comme une fleur de chair

Vous ne rêvez pas!

Belle comme une fleur de feu

Les murs de la Santé

Qu'elle « était » belle

Qu'elle « est » belle.

 



 

 

Poème de Robert Desnos

Tel que l'a vu Man Ray

                           

Musique

                                                                    

I. Un homme et une femme dans la rue. Marche. Leurs jambes. Les jambes de la femme. Elle s'arrête. C'est dans la rue. Elle ajuste sa jarettière. On voit sa jambe.

 

Plaisir d'amour (uniquement la phrase correspondant aux paroles « plaisir d'amour ne dure qu'un instant » repris après un silence si nécessaire)

 

II. Ils montent un escalier sombre. C'est le soir.

 

III. Sa chambre à coucher.

 

IV. Elle se déshabille. Lui pas. Elle se couche. Adieu. L'homme s'en va. La porte se ferme.

 

Dernier Tango

 

V. Dans la rue. Une marchande de journaux. C'est « elle ».

        

1) Sous-titre: « Qu'elle est belle ».

        

VI. Le jeune homme suit la marchande de journaux qui l'entraîne dans un coin sombre. Elle lui donne une étoile de mer dans un bocal.

 

VII. La chambre de l'homme. Il regarde l'étoile de mer à travers la clarté d'une lampe.

         

 2) Sous-titre: « Après tout ».

        

 VIII. Dans la rue, des journaux emportés par le vent. Il en attrape un. Un article où on lit «M*** ».

 

Le Beau Danube bleu

 

IX. Un pot avec une fleur.

        

 3) Sous-titre: « Si les fleurs étaient en verre».

        

 X. Une série de verres de toutes formes et de toutes dimensions, de boules en verre et d'objets en verre.

 

XI. L'homme à genoux devant la femme et la tête sur ses genoux.

 

XII. Un train qui passe.

 

O Sole mio

 

XIII. Un bateau.

 

Silence.

 

XIV. Le même pot de fleur.

        

4) Sous-titre: « Si les fleurs étaient en verre».

        

La Carmagnole en sourdine

 

XV. La femme en bonnet phrygien, de la fumée, du feu, une rue déserte.

 

La Carmagnole très fort puis silence et en sourdine; O sole mio

 

XVI. La femme presque déshabillée. Un pied sur un livre. L'étoile de mer dans un coin.

 

O sole mio

 

XVII. La femme presque déshabillée. Des bouteilles brisées autour d'elle d'où s'échappe du vin rouge. L'étoile de mer dans un coin.

 

XVIII. Une route. La femme toute seule.

        

5) Sous-titre: «Belle, belle comme une fleur de verre».

        

L'étoile de mer vient en surimpression.

      

XIX. Le jeune homme regarde ses mains. L'étoile de mer dans un coin.

       

XX. Les mains de l'homme. Les lignes de ses mains marquées en noir.

       

XXI. Un escalier éclairé. La femme monte un long couteau à la main. L'étoile de mer sur une marche.

       

XXII. Le jeune homme. Une femme masquée devant lui.

       

XXIII. Elle retire son masque. C'est elle.

        

6) Sous-titre: «Belle comme une fleur de chair».

        

 XXIV. Les murs de la Santé.

 

XXV. La nuit. Le ciel étoilé.

       

XXVI. La Seine... qui coule.

       

XXVII. Une table. Un litre. Un verre à demi plein. Une banane en partie épluchée. L'étoile de mer.

       

XXVIII. La femme à genoux devant un feu de bois.

        

 7) Sous-titre: «Belle comme une fleur de feu».

        

 XXIX. La femme endormie dans son lit.

       

XXX. La rue.

       

XXXI. La femme et l'homme arrivent par deux directions et se rencontrent.

       

XXXII. Arrive un deuxième homme. La femme part avec lui.

        

8) Sous-titre: «Qu'elle "était" belle».

        

L'aria de Bach

       

XXIII. Le jeune homme devant l'étoile de mer.

        

9) Sous-titre: « Qu'elle "est" belle ».

        

L'étoile de mer en surimpression.

 

 

Plaisir d'amour (l'air correspondant à ces paroles « chagrin d'amour dure toute la vie ») au besoin faire un silence au début pour que le musique finisse avec le sous-titres

 

Les rayons et les ombres, cinéma







(…) Je le voyais très bien en film, en film Surréaliste, et je déclarais à Desnos qu’avant son retour j’aurais fait un film de son poème

En février 1928, Man Ray commence à tourner L’étoile de mer, avec Kiki de Montparnasse (Alice Prin).

Man Ray : The starfish (1928)

Par Moicani - Publié dans : L'Odéonie - Communauté : L'Odéonie
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